Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Ici commence le "Val des pleurs"

    Un barbebleue local, seigneur de Vadeblore ( appelé ainsi plus tard par déformation de Val des pleurs), terrorisait ses nombreuses épouses. Celles-ci disparaissaient mystérieusement l'une après l'autre, sans qu'au village on n'ait jamais su pourquoi ni comment. Mais tous se taisient de crainte d'indisposer le tyran.

    Ce printemps là, une nouvelle et jeune épouse arriva au château. Guillaumette était vive et fort bien faite de sa personne. Le sieur de Valdeblore fut tout de suite encore plus jaloux qu' à l'habitude et il la tint aussitôt serrée en son donjon.  Plus avisée et courageuse que les autres, Guillaumette comprit vite que les bruits qui circulaient sur son époux étaient fondés et elle décida de s'enfuir pour ne pas subir un funeste destin. 

     Un beau matin, elle se déguisa en page et passa le pont-levis avec la corvée de bois qui partait. Elle marcha vivement tout le jour mais la nuit la surprit. N'ayant rien bu ni mangé depuis l'aube elle s'abrita pour se reposer, dans une grotte à flanc de montagne. Cette grotte existe toujours et en souvenir de Guillaumette, elle porte le nom de "Balme de la Frema" (grotte de la femme). Vous la voyez du bas du Baus de la Frema quand vous êtes sur le chemin qui monte du col Saint Martin.

    Le lendemain matin au petit jour, elle se remet en route. Craignant d'avoir les soldats de son seigneur et maître aux trousses.Elle force l'allure. Tant et si bien que dans la rude montée qui conduit par le sommet du Pétoumier jusqu'aux hauteurs du Mont Pépoiri, elle se tord la cheville sur le sentier caillouteux. Là encore, ce nom de Pépoiri cache une allusion à la légendaire et courageuse fuite de Guillaumette. Il faut entendre Mont du pied pourri, en souvenir de sa blessure. Harrassée, saisie par le froid et de cruelles giboulées de neige, elle n'en poursuit pas moins sa course, car elle croit entendre dans la vallée le pas des chevaux des hommes d'arme qui se rapprochent.

    Trois jours et trois nuits, sans relâche elle franchit plusieurs cols, croyant pouvoir rejoindre son frère riche et puissant suzerain qui est au royaume frontalier de l'autre côté des Alpes. 

    Hélas la tempête redouble.  Dans un ultime effort, à bout de force, affamée et blessée elle prend au plus court hors sentier. Un  faux pas la précipite du haut d'une cime au lieu dit Fremamorte alors qu'elle allait passer la frontière.

    Depuis ce jour, parfois, quand nous faisons l'ascension du col et de la cime de Frema morte et que le soir, au retour, le temps s'assombrit, je  vois dans le brouillard une silhouette menue qui peine dans la montée en tirant la jambe. Et cela me fait peine...