15.05.2008

le trésor caché de la grotte des hérétiques à tende

Ce dimanche de mai, avec quelques amis, nous montons, guidés par Anne-lise, au rocher de Maïma et à la chapelle Saint-Sauveur au-dessus de Tende.

Itinéraire : La balade part du centre de Tende, (balisage PR jaune) puis on s’élève par les balises 70, 71, 361, 349, pour redescendre par la 68 et après un crochet à la chapelle St Sauveur revenir sur la ville que l’on domine à la 67. Il faut compter 4 à 5 heures de marche et il y a 750 m de dénivelé. La montée est sans pitié et la descente très raide. Le descriptif complet est dans le guide « Alpes maritimes Mercantour de Reinhard Scholl aux éditions Rother au numéro 46. On ne trouve pas ce circuit dans le topo rando « haut pays » du conseil général. Le raccord pour atteindre la chapelle est impressionnant mais bien sécurisé avec des mains courantes en câble d’acier. On coupe d’ailleurs la via ferrata de Tende et l’on a le plaisir de voir évoluer les courageux, à hauteur d’une passerelle qui relie deux rochers et sur une tyrolienne spectaculaire.

Une énigme nous a tracassés ce jour là : Le topo et la carte signalaient une « grotte des hérétiques » que nous avons aperçue de loin, sans l’atteindre ni en savoir plus. Quelle est l’histoire qui s’y rattache ? Peut-on y accéder ? Et comment ?

Internet n’avait rien révélé. De retour je vais à un trésor d’archives confié par une amie de longue date qui a patiemment découpé tous les articles publiés depuis des années, dans Nice-matin, sur le patrimoine et l’arrière pays. Là nos questions trouvent enfin une réponse. Merci Jeannine !

Légende : On la raconte encore, à Tende, à l’heure de l’apéritif ou les soirs d’hiver, autour d’un feu de cheminée. Il y a là-haut, sous le rocher de Maïma qui surplombe la ville, un trésor caché dans une grotte. Cette caverne, les anciens l’appelaient «la grotte des Cauettes ». Elle servait de refuge aux protestants, alors nombreux à Tende et persécutés. Ils y tenaient secrètement leur culte et ils auraient caché là, un formidable trésor accumulé durant des années pour faciliter leur exode, le jour où il faudrait définitivement quitter la ville. Depuis, malgré de nombreuses recherches, jamais personne n’a pu localiser le trésor ni s’en emparer. Mais il est toujours quelque part là-haut dans une des nombreuses cavités inaccessibles qui trouent la paroi.

Histoire : Dans la région, au XVIème siècle, les protestants vivaient en paix, sous la protection du comte Claude de Lascaris, lui-même de foi réformée. Lorsque le très catholique Honoré de Lascaris succéda à Claude, la répression contre les hérétiques se durcit. En 1572, année du massacre de la St Barthélemy, deux factions s’opposèrent à Tende. D’un côté, les catholiques, groupés autour d’Urfée, marquise et sœur du comte Honoré et de l’autre, les calvinistes autour du comte de Villars, frère de Claude Lascaris. Le village se partagea en deux camps hostiles et les protestants furent chassés durement. L’histoire, elle, ne mentionne pas le trésor.

Alors ? Trésor caché ou pas ? Le site est protégé et inscrit à l’inventaire des fouilles archéologiques à entreprendre…A suivre !

Accès : Depuis Tende, on peut monter à la grotte des hérétiques en 45 minutes, en passant par le cimetière puis les balises 66,67,68 et en suivant aux intersections le fléchage « voie des hérétiques », sans doute un peu après l’embranchement pour la chapelle, en montant. Elle est à l’altitude 1100m. Il n’est pas certain qu’il sera plus intéressant d’y monter que de la regarder d’en dessous comme nous nous sommes contentés de le faire ce dimanche là. Elle est suffisamment impressionnante comme cela. Il paraît que c’est une belle salle de 10x12 m. L’entrée en est barrée par un mur où se découpe encore l’encadrement d’une porte. Cela nous l’avons vu de loin. A l’intérieur, deux chaires de pierre naturelle se font vis-à-vis.

 Pour les curieux, on pourra se reporter à « Tende et la Brigue » de Giorgio Beltrutti aux éditions du Cabri.

05.03.2008

AMIRAT

1041548069.JPG

Aux Agots, une maison ancienne qui ne manque pas d'allure nous intrigue...

1249423073.JPG

 

Dans les hauts, il ne reste que l'oratoire de Notre Dame d'Amirat. Solitaire, isolé. Il se dresse, témoin d'une histoire révolue.

 

 

 

56846448.JPG

 

 

 

Des hommes, avec leur bon sens pratique, ont récupéré une borne milliaire d'une voie romaine qui passait là il y a plus de 2000 ans. Ils l'ont plantée ,dans le sol, tête bêche, au pied de l'oratoire. ILs y ont creusé un bénitier. On peut encore s'y signer quand l'eau du ciel le remplit.

23.02.2008

AMIRAT

Perché à 1000 m d’altitude, à 75 km de Nice, ce bout du monde, dans le haut Estéron, compte une poignée d’habitants. Peut-être quarante, quinze en hiver.
Le village est éclaté en 3 quartiers. Maupoil-St Jeannet avec sa chapelle du 16ème siècle, Les Agots où se situent l’église( 17ème siècle) et le gîte d’étape, l’Estelle, 12 places, sur le GR4, et enfin le village avec la place et la mairie. Plus loin, deuxf56843b7b4bc7a206b77caf768c78cfb.jpg écarts Le Barlet et l’Hubac.
Amirat doit certainement son nom de petit endroit « admirable » à son exposition plein sud, lui valant un microclimat et aux horizons superbes qu’offre sa position. Il faut s’y attarder au coucher du soleil ou le matin quand émerge, d’une nappe de brouillard hivernal, le village voisin de Collongues comme une île sur un océan.
La chapelle St Jeannet (16ème siècle) a un porche aussi grand que le bâtiment pour abriter les pèlerins. Pourquoi l’appelle t-on « la chapelle des hommes d’Amirat » ? A la St jean d’été les gens du village y viennent en procession.
L’église paroissiale Ste Anne est du 17ème siècle. Ses lourds contreforts et ses ouvertures étroites font penser qu’elle a du avoir un rôle de place forte pour se protéger des envahisseurs. Aux Agots, une maison ancienne qui ne manque pas d’allure intrigue.

Amirat est mentionné dans l’histoire dès 1043. A l’époque le premier habitat était certainement situé sous les rochers de Notre-Dame. Il a été abandonné au 14ème siècle et les habitants se sont installés au village actuel, plus bas vers la Cressonnière.
Dans les hauts il ne reste que l’oratoire de Notre-Dame. Solitaire, isolé ; il se dresse et témoigne d’une histoire révolue.

39e01fbeb6006885e3d615dc92d5a1b3.jpg


Une date sur la clé de voûte 1838. Rien ne bouge et tout autour c’est le silence.
Au-dessus, une grande maison de pierre blanche vide et désolée mais qu’on aimerait croire encore habitée tant elle a la clarté solaire des belles bastides provençales.
Une ancienne voie romaine passait là il y a un peu moins de 2000 ans. Elle reliait Castellane à Soleihas et Briançonnet en traversant ici, l’ancien site d’Amirat. Des hommes à l’esprit pratique ont récupéré une borne milliaire, l’ont plantée là, en terre, au pied de l’oratoire et ont creusé un bénitier dans la borne. On peut encore le voir et s’y signer quand l’eau du ciel le remplit.

12.02.2008

UTELLE : Notre Dame des Miracles

090cc57082a155583adae9c2e65e4e72.jpg

38fe6db97db2901b43fc0e8940a47c53.jpg
Utelle : Dans le village des traces du passage des templiers ? 1e6c5736bfc0eb5ff40398b64bbb83bc.jpg 160bb47a82cfcc364385b9867eb1d35f.jpg



Utelle Une voie très ancienne, la route du sel


ef5b70fc457f302276c1b3e8b22f98b0.jpg



Utelle Dans l'église ST Véran

16.04.2007

SOSPEL sur le pont Vieux

Sospel le pont vieux

Sospel est nichée dans le bassin verdoyant de la Bévéra. Le Pont-vieux qui enjambe la rivière en est l’emblème. Le village s’étend se part et d’autre de ce pont caractéristique avec sa tour d’octroi. Le cadre est très évocateur de ce qu’était une florissante petite cité du moyen-âge.

La ville doit sa prospérité à sa position sur la route du sel.

 

Le pont-vieux (13ème siècle) constituait un passage incontournable sur la route royale qui amedium_pnt_vieux.3.jpgllait de Nice à Turin. Il faut imaginer le trafic des caravanes de mulets sur ce pont à péage. Une vingtaine d’auberges offrait aux voyageurs les commodités de l’étape. Les revenus de toute cette activité sont charitablement redistribués aux moins bien lotis parmi la population. De riches confréries de laïcs s’en chargent. Ce sont les pénitents . Chaque confrérie a sa spécialité et sa chapelle. A Sospel les pénitents blancs sont place St Nicolas à la chapelle Ste Croix, près de la cathédrale, sur l’autre rive, on trouve la chapelle des pénitents gris et celle des pénitents rouges.

 

 

Si l’on remonte plus loin dans l’histoire, Sospel était déjà siège d’un évêché au 5ème

 

Siècle et  chef-lieu des Comtes de Provence au 13ème siècle.

 

 

            Au 18ème siècle, à l’époque où Sospel appartient au royaume de Savoie, la ville compte 3000 habitants (comme aujourd’hui). C’est une préfecture royale. Des poètes en séjour y créent une Académie des arts et des belles lettres florissante : L’Académia degli Ocupati.

            A partir de 1860, Sospel devient française et retombe un peu dans l’oubli du fait de l’essor touristique des villes du littoral.

 

 

            Située dans une région frontalière sensible, Sospel fut une ville de garnison dès la fin du 19ème siècle. Plus de 500 hommes, chasseurs alpins ou artilleurs de montagne y séjournaient entre leurs prises de tour de garde sur les fortifications voisines : fort St Roch, fort du Barbonet et fort de l’Agaisen où se situait d’ailleurs le champ de tir.

           

Les vallées de la Roya et de la Bévéra sont célèbres pour leurs orgues. Oeuvres de maîtres toscans et lombards, elles sont remarquables pour leur exceptionnelle tonalité. A Sospel, les orgues de la cathédrale St Michel sont signées des frères Agati (1843).

 

Le pont vieux : Seule la partie basse de la pile centrale est d’époque médiévale. (13èmesiècle). Plusieurs fois rebâti au cours des siècles,  il avait encore été démoli par les Allemands dans leur retraite lors de la libération de Sospel en 1944. Il a été  reconstruit tel qu’à l’origine par les beaux-arts en 1951 avec des pierres retrouvées dans le lit de la Bévéra.

 

 

Couleurs et trompe-l’œil : Dans un rayon de 500m autour des deux monuments, le pont vieux et la cathédrale St Michel on ne peut peindre les façades qu’en ocre ou jaune et les volets en vert. Cela donne une belle unité à la ville. De nombreuses maisons, au bord de la rivière sont décorées en trompe-l’œil.

medium_couleurs_sospel.4.jpg
medium_maisons_sospel.6.jpg
 

 

 

 

 

 

SOSPEL place de la Cabraïa et Place Saint Michel

Place de la Cabraïa : c’est la place des troupeaux de chèvres (cabraïa = chèvres en sospellois) où l’on rassemblait les troupeaux avant la montée aux alpages. Une fontaine à deux niveaux pour faire boire les bêtes en bas et les villageois en haut.

 

 

Par la rue st Michel on atteint la

 

 

 

Place St Michel : medium_sospel_place_st_michel.jpg

 

La cathédrale et s’inscrit dans une vaste place en entonnoir, entourée de maisons anciennes à arcades

 Le parvis s’ouvre sur cette place en  légère calade toute pavée de galets gris et blancs formant une rosace en étoile. Dommage qu’il y ait des voitures.

En regardant la façade de la cathédrale, à gauche, la chapelle des pénitents rouges et gris. Parmi les maisons qui bordent la place, l’ancienne mairie devenue foyer rural, une ancienne quincaillerie, le palais Ricci qui porte une plaque commémorative de la visite du pape Pie VII en 1809. Un linteau aux armoiries de la Savoie.

 

 

 

 

La cathédrmedium_cathedrale.jpgale : la façade : Le clocher roman lombard (13ème siècle). Elle a été rebâtie au 17ème siècle dans le goût baroque avec un fronton triangulaire typique. A noter la statue de St Michel pesant les âmes des sospellois.

L’intérieur : De vastes proportions et très richement décoré. Deux triptyques du 16ème siècle dans la chapelle latérale à gauche de l’autel. Celui de la vierge immaculée est de François Bréa, neveu de Ludovic Bréa.

A remarquer l’orgue de tribune signé des frères Agati (1843) de facture italienne.

 

 

 

 

Poursuivre par escaliers vers

 

 

Place du château : Restes des remparts et porte d’enceinte de l’ancien château des Comtes de Provence (14ème). C’était la résidence du viguier, son représentant local.

 Rejoindre le parking et les voitures par la

 

 

Rue Saint Pierre : Portes avec linteaux aux armoiries des familles de la noblesse locale (au N°  3, 20, 29). Au N° 30, ancien hôtel de la gabelle. La gabelle c’est l’ancien impôt sur le sel et ce mot désigne aussi l’administration chargée de la collecte ( cf. gabelou = douanier). C’est une maison de pierres taillées en rangs de couleur noir et blanc avec une fenêtre renaissance. C’était le siège de l’administration du viguier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SOSPEL place St Nicolas

Place Saint Nicolas :

 

C’est l’ancienne place du Saint-Esprit. L’ancien palais communal du XV ème siècle, au centre, avec ses arcades, forme un bel ensemble avec la plus ancienne fontaine de la ville (18ème siècle). Sur la façade un agneau symbole de protection divine. La loggia au rez-de-chaussée servait de lieu de rassemblement pour les hommes du Parlement. medium_place_st_nicolas.jpg

 

 

Prendre à droite la rue de la République, ancienne rue commerçante au Moyen-âge, alors appelée Carriera longua. A voir quelques belles portes avec des linteaux anciens au N° 14 ( un chien courant), 15,23,51. après le N°51 à droite, dans un renfoncement, une élégante fontaine provençale.

 

 

Par l’étroite rue des tisserands, à gauche, on gagne la

 

 

 

 

Place Sainte Croix : Chapelle Ste croix du 17ème siècle, dite des pénitents blancs. Clocher triangulaire baroque. A l’intérieur, un petit musée des confréries religieuses anciennes à Sospel.

 

 

Revenir sur nos pas, pour prendre le départ de la rando par

 

 

 

 

Place Garibaldi : Ancienne place des foires et marchés aux bestiaux. Bordée de terrasses et arcades du 18ème siècle. Beau lavoir.

 

 

 

 

17.01.2007

VILLARS SUR VAR et la chapelle Saint Jean

Art et patrimoine à Villars sur Var

 

De passage dans la commune nous nous informons auprès de la Mairie qui fait office de syndicat d’initiatives et une employée, native d’ici,  nous affirme qu’il n’y a pas grande chose à voir. Curieux …Heureusement,  une charmante petite dame, rencontrée sur la place nous dit que l’église est fermée mais qu’elle nous ouvrira quand nous reviendrons avec notre groupe de randonneurs. Elle habite à côté du bar. A propos, ce bar en face de l’église nous a réservé un accueil des plus sympathiques. Nous vous le recommandons. Nous étions entrés pour nous désaltérer après la balade et nous avons eu la surprise de voir arriver sur la table trois grandes assiettes de ganses toutes givrées de sucre accompagnées de petites meringues maison.

 

Dans Villars il faut suivre le GR qui, comme c’est souvent le cas dans les villages, permet de découvrir les vieilles ruelles pavées et les maisons anciennes.

Nous sommes allés fouiller au fond de la placette de la Castre pour voir à l’arrière de la Maison des templiers, dite de la Castre, une pierre de réemploi, ancien linteau daté de 1586 qui porte une rosace à 6 branches, signe du passage des Templiers. On évoque ici rapidement, le travail des moines paysans dans la vigne et  la fin tragique des grands dignitaires de l’ordre  ainsi que les mystères qui l’entourent encore et qui font sa légende.

La maison de la Castre date du 15ème siècle. Elle est visible depuis la place centrale, un peu en retrait, près de la Mairie. Elle a été restaurée et offre deux belles fenêtres en ogive géminées. On se prend à rêver d’y voir apparaître la belle Astruge.

L’église Saint Jean-Baptiste date de 1520 mais elle a été reprise en baroque au XVIIIème siècle et offre un clocher roman qui n’est pas d’époque puisqu’il date de 1766. Sur chacun des 4 pignons de la pyramide on remarque en saillie 12 pierres qui n’ont pas de fonction particulière et font sans doute référence aux 12 apôtres. A l’intérieur l’église abrite entre autres:

- au fond, derrière l’autel un grand retable (1524) longtemps attribué à Ludovic Bréa mais sans doute du à Ronzen, peintre flamand établi à Puget-Théniers. Un petit dépliant disponible dans l’église et des panneaux explicatifs aident les plus curieux à détailler l’œuvre. La personne aimable qui nous a ouvert l’église nous a également allumé l’éclairage. On pourrait ici rappeler brièvement qui sont les Bréa et l’école des primitifs niçois.

- côté gauche en redescendant vers l’entrée l’autel Saint Jean-Baptiste avec un curieux petit Jésus de Prague de 1892 et la statue de bois polychrome de saint Jean-Baptitste portant un vêtement de peau et due à Matheus d’Anvers (1524). Sculpteur flamand installé en Provence.

 

Pour voir l’allée Grimaldi, et les colonnes de pierre, restes d’une pergola renaissance construite par les seigneurs de Villars au XV ème siècle il faudra tenter le coup par la rue Joseph  Leotardi, ou par le fond du cimetière où vous serez accueillis par le chat du cimetière, chat libre et cependant bien gras. Ou encore paraît-il par le haut des escaliers qui suivent la rue du Barri et la rue du Collet. C’est que l’allée est sur une propriété privée non accessible. Mais nous l’avons vue du haut sur notre  chemin de retour de la colline saint-Jean.

-