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Villages du haut pays - Page 3

  • De quelques noms de rues dans nos villages

     

    Le barri c'est le rempart, la muraille . Et la rue sous-barri est celle qui passe sous les remparts à l'extérieur. Ici la plaço dou Barri à Annot.


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  • Cipieres

    De loin, on reconnaît le village de Cipières à son château, belle bastide provençale classique restaurée et transformée en relais château 4 étoiles.cipieres0004b.jpg

     

    La campagne tout autour témoigne d'une  belle activité passée tournée vers l'élevage du mouton, la culture du blé, des lentilles et des pois chiches. Ce paysage encore marqué de nombreuses terrasses et par les énormes tas de pierres accumulés par des générations de paysans soucieux "d'épierrer" leurs terres est aussi le pays des "bories". Ce sont des abris de jardin destinés au repos de midi et au rangement des outils ou à se mettre à l'abri de l'orage dans des "campagnes" un peu éloignées du village.

    borie, cipiéres

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En traversant la rue principale, il faut être attentif aux superbes portes de maisons qui furent sans doute les demeures des plus riches propriétaires terriens. Des linteaux portant date et des parements de pierre de taille, des heurtoirs raffinés sont autant de témoignages d'une opulence passée.

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    Le campanile de l'église paroissiale ne manque pas d'allure  ( 18ème).

    A la chapelle Saint Claude le portail en fer forgé a des airs andalous. (17ème).

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    chapelle saint claude, Cipiéres

    Un restaurant accueuillant pourra tenter le randonneur affamé ayant battu tout le matin  les  hautes solitudes du plateau de Calern par le Gr4.

     

    portes anciennes, Cipières

     

  • les châtaigneraies de Belvédère 2 - A quels saints se vouer ?

    A quels saints se vouer ?

     

    Au cours de la journée à Belvédère, nous passerons par plusieurs chapelles, Saint Blaise (sur la D 171, la route de la Gordolasque, le matin), Saint Roch ( à l’entrée nord du village au retour), la chapelle du Planet dédiée à N.D. de Fenestre ( un peu avant la précédente sur le chemin du retour également). Plus haut dans la vallée, où nous n’irons pas aujourd’hui, nous  trouverions la chapelle Saint Grat au hameau du même nom. Ces quatre chapelles constituent avec l’église paroissiale Saint Pierre et Saint Paul, un patrimoine  religieux intéressant.

     

                Chacun de ces édifices est dédié à un saint ou à la Vierge.

                Autrefois, les saints étaient très présents dans la vie des gens. On les appelait à la rescousse pour régler différents soucis, pour avoir de bonnes récoltes, de la pluie, pour avoir des enfants et surtout en cas de maladies et d épidémies. Chacun de ces saints guérisseurs et protecteurs avait sa spécialité.

                Certains font encore recette. Ainsi saint Antoine de Padoue contre une pièce de monnaie dans son tronc ou un petit cierge que vous achèterez ( Ah oui Il faut quand même donner un peu avant de recevoir !) se chargera de vous aider à retrouver vos lunettes ou vos clefs. Une prière peut suffire. Mais si l’objet perdu a de la valeur ajoutez une obole. Ça marche mieux comme ça. Cette capacité à propos des objets perdus trouve son origine dans le fait qu’un voleur qui lui avait dérobé un précieux manuscrit se sentit appelé par Dieu et obligé de restituer l’objet à Antoine. Plus tard le voleur se fit moine lui aussi. Antoine de Padoue, franciscain portugais  envoyé en Italie est connu pour d’autres miracles assez étonnants. Il était capable de se trouver à 2 endroits différents à la fois ( bilocation) et savait aussi le langage des poissons avec lesquels il conversait. On le reconnaît dans les tableaux et sculptures à ce qu’il est habillé de la robe des franciscains et porte l’enfant Jésus dans ses bras ainsi qu’un évangile. Il est donc bien encombré.

     

    Saint Christophe reste le patron des voyageurs et sa médaille à bord de votre voiture peut vous éviter le pire. « Regarde Saint Christophe et va-t-en rassuré » Invoquez-le de cette façon si vous sentez que tout à l’heure je ne suis pas très sûr du chemin à prendre pour rentrer. Il est représenté de façon symbolique comme un passeur qui transporte un homme sur son dos pour traverser un gué. Ce colosse aurait en effet aidé en son temps, Jésus à franchir une rivière.

                Ici, à Belvédère,  nous rencontrons d’abord saint Blaise.  C’est un médecin qui, un jour, sauva de la mort un enfant qui avait avalé une arête de poisson. Il mourut en martyre, le corps lacéré par des peignes de fer qui figurent souvent dans ses représentations. Mais les mêmes tableaux comportent souvent un cierge car une pauvre femme, par bonté, lui avait apporté une chandelle dans sa prison.  On le fête selon la tradition le premier dimanche de février. C’est aussi le jour de la fête du chou et on y danse la farandole. Saint Blaise est efficace contre les mots de gorges. A la messe, le jour de la saint Blaise, le prêtre applique sous le menton de ceux qui communient deux cierges en croix, de façon à les prémunir de l’angine pour l’an qui suit. Une sorte de vaccin anti-grippe en somme.

     

                La petite chapelle du Planet est dédiée à la madone de Fenestre. En 1818 une terrible épidémie de choléra désola la région. Les habitants de Belvédère s’engagèrent par vœu à faire chaque année, à pied, le pèlerinage à Fenestre dans la haute Vésubie. Ils empruntaient le sentier que nous avons pris mais poursuivaient plus haut par Berthemont et la baisse de Férisson et le sanctuaire de la madone de Fenestre. Cela a lieu le 11 juillet.

     

                A l’entrée du village la chapelle est celle de Saint Roch. Il avait été mordu à la cuisse par un animal sauvage, un loup peut-être. Son chien fidèle qui l’accompagnait toujours dans ses voyages lécha la plaie qui guérit tout de suite et se cicatrisa dans l’instant. Depuis le proverbe dit « langue de chien vaut médecin » Mais cela dépend quand même du chien et du médecin. Il ne faut pas généraliser et se laisser lécher par le premier médecin venu. Saint Roch est invoqué en cas d’épidémie, de peste en particulier. Au temps des grandes pestes, il fit beaucoup de tort à saint Jacques qui sur l’itinéraire de Compostelle avait beaucoup de chapelles. Souvent face à l’épidémie, dans l’urgence et faute de moyens pour construire une chapelle à saint Roch, on débaptisait une chapelle dédiée à saint jacques, déjà bien loti pour se placer sous la protection de Saint Roch. En somme déshabiller Jacques pour habiller Roch. Depuis sur les chemins de Compostelle les deux saints coopèrent sans rancune. Vous reconnaîtrez Saint Roch, dans les églises, peintures et statues à ce qu’il est toujours représenté avec une cuisse sanguinolente et avec son chien qui est toujours à ses côtés.

               

    Saint Grat, évêque d’Aoste au 8 ème siècle se rendit célèbre pour avoir rapporté au pape la tête de Saint jean Baptiste qui fut décapité. Le saint aurait retrouvé la tête au fond d’un puits en Palestine. Il est souvent représenté tenant de la main droite une bible sur laquelle repose une tête. C’est un spécialiste de la protection des récoltes et un bon anti-grêle.

     

    Ce petit aperçu de la foi d’autrefois, bien sûr un peu naïve et mêlée de superstitions fait sourire. Mais il faut se reporter à la dureté de la vie de nos ancêtres et à leur éducation souvent exclusivement religieuse. On peut se moquer ou au contraire envier leur formidable capacité à faire entrer le merveilleux dans le quotidien et à voir au-delà de la surface des choses.

    Toutes ces histoires à propos des saints sont parvenues jusqu’à nous par la tradition. Elles sont toutes  issues de la Légende Dorée, un ouvrage rédigé en latin vers 1260 par un moine Jacques de Voragine. Le manuscrit raconte de façon imagée la vie de plus de 150 saints, saintes et martyres chrétiens. De nombreuses copies ont circulé. Elles ont contribué à l’édification des populations car ces récits étaient repris par les prêtres dans leurs homélies. C’est aussi ce texte qui a inspiré tout l’art sacré, les peintres, les sculpteurs et ceux qui faisaient des vitraux pour les grandes cathédrales gothiques.

    Un petit dépliant intitulé " Le sentier oublié des chapelles de Belvédère" est diponible à L'office du tourisme 51 rue victor Maurel 06420 Belvédère tel 04 93 03 51 66