15.05.2008

le trésor caché de la grotte des hérétiques à tende

Ce dimanche de mai, avec quelques amis, nous montons, guidés par Anne-lise, au rocher de Maïma et à la chapelle Saint-Sauveur au-dessus de Tende.

Itinéraire : La balade part du centre de Tende, (balisage PR jaune) puis on s’élève par les balises 70, 71, 361, 349, pour redescendre par la 68 et après un crochet à la chapelle St Sauveur revenir sur la ville que l’on domine à la 67. Il faut compter 4 à 5 heures de marche et il y a 750 m de dénivelé. La montée est sans pitié et la descente très raide. Le descriptif complet est dans le guide « Alpes maritimes Mercantour de Reinhard Scholl aux éditions Rother au numéro 46. On ne trouve pas ce circuit dans le topo rando « haut pays » du conseil général. Le raccord pour atteindre la chapelle est impressionnant mais bien sécurisé avec des mains courantes en câble d’acier. On coupe d’ailleurs la via ferrata de Tende et l’on a le plaisir de voir évoluer les courageux, à hauteur d’une passerelle qui relie deux rochers et sur une tyrolienne spectaculaire.

Une énigme nous a tracassés ce jour là : Le topo et la carte signalaient une « grotte des hérétiques » que nous avons aperçue de loin, sans l’atteindre ni en savoir plus. Quelle est l’histoire qui s’y rattache ? Peut-on y accéder ? Et comment ?

Internet n’avait rien révélé. De retour je vais à un trésor d’archives confié par une amie de longue date qui a patiemment découpé tous les articles publiés depuis des années, dans Nice-matin, sur le patrimoine et l’arrière pays. Là nos questions trouvent enfin une réponse. Merci Jeannine !

Légende : On la raconte encore, à Tende, à l’heure de l’apéritif ou les soirs d’hiver, autour d’un feu de cheminée. Il y a là-haut, sous le rocher de Maïma qui surplombe la ville, un trésor caché dans une grotte. Cette caverne, les anciens l’appelaient «la grotte des Cauettes ». Elle servait de refuge aux protestants, alors nombreux à Tende et persécutés. Ils y tenaient secrètement leur culte et ils auraient caché là, un formidable trésor accumulé durant des années pour faciliter leur exode, le jour où il faudrait définitivement quitter la ville. Depuis, malgré de nombreuses recherches, jamais personne n’a pu localiser le trésor ni s’en emparer. Mais il est toujours quelque part là-haut dans une des nombreuses cavités inaccessibles qui trouent la paroi.

Histoire : Dans la région, au XVIème siècle, les protestants vivaient en paix, sous la protection du comte Claude de Lascaris, lui-même de foi réformée. Lorsque le très catholique Honoré de Lascaris succéda à Claude, la répression contre les hérétiques se durcit. En 1572, année du massacre de la St Barthélemy, deux factions s’opposèrent à Tende. D’un côté, les catholiques, groupés autour d’Urfée, marquise et sœur du comte Honoré et de l’autre, les calvinistes autour du comte de Villars, frère de Claude Lascaris. Le village se partagea en deux camps hostiles et les protestants furent chassés durement. L’histoire, elle, ne mentionne pas le trésor.

Alors ? Trésor caché ou pas ? Le site est protégé et inscrit à l’inventaire des fouilles archéologiques à entreprendre…A suivre !

Accès : Depuis Tende, on peut monter à la grotte des hérétiques en 45 minutes, en passant par le cimetière puis les balises 66,67,68 et en suivant aux intersections le fléchage « voie des hérétiques », sans doute un peu après l’embranchement pour la chapelle, en montant. Elle est à l’altitude 1100m. Il n’est pas certain qu’il sera plus intéressant d’y monter que de la regarder d’en dessous comme nous nous sommes contentés de le faire ce dimanche là. Elle est suffisamment impressionnante comme cela. Il paraît que c’est une belle salle de 10x12 m. L’entrée en est barrée par un mur où se découpe encore l’encadrement d’une porte. Cela nous l’avons vu de loin. A l’intérieur, deux chaires de pierre naturelle se font vis-à-vis.

 Pour les curieux, on pourra se reporter à « Tende et la Brigue » de Giorgio Beltrutti aux éditions du Cabri.

24.04.2008

La chèvre d'or

La légende de la "chèvre d'or" est omniprésente en Provence. On la retrouve à Gordes, aux Baux, en Avignon et dans les Alpes-maritimes, à Vallauris, Roquefort les Pins, Grasse. Beaucoup de lieux-dits, d'enseignes d'auberges et autres la signalent un peu partout. Elle est somptueusement évoquée par Paul Arène dans son récit.

L'animal fabuleux a une toison couleur or, des cornes d'or, parfois des yeux de diamant. Elle est toujours la gardienne d'un trésor enfoui dans une grotte, un aven, un souterrain. En général ce trésor est lié aux templiers ou à des sarrasins en fuite qui auraient caché des pierres précieuses, des pièces de monnaie et de la vaisselle d'or et d'argent, avant de repartir pour leur lointain pays, comptant bien revenir un jour.

Cette chèvre est un mythe, au sens que personne ne l'a jamais vue. En effet, malheur à qui aurait cherché à l'approcher, à la regarder, à la toucher. Celui-là est promis à disparaître à jamais, englouti dans les entrailles de la terre. La chèvre d'or est liée à un interdit majeur.

Toutes les histoires que l'on raconte à son sujet ont une signification initiatique. Qu'y a-t-il à comprendre à cet interdit ? Ce dont elle est gardienne, ce trésor sous la terre, représente une sagesse enfouie difficilement accessible au commun des mortels. Une connaissance de nature divine. Seuls, ceux qui ont le coeur pur pourront  approcher cette vérité. Les ambitieux, les assoiffés de pouvoir, les gens avides et pressés se verront interdire le passage et seront punis pour  leur curiosité.

Les justes et les simples reçoivent la récompense. Ils pourront voir, approcher, peut-être caresser la chèvre fabuleuse et du même coup entrer dans la Connaissance.

02.04.2008

5 - Une rivalité fatale : la dénonciation, en prison à Draguignan

Gaspard de Besse dans l’Estérel

Une rivalité fatale : La dénonciation – En prison à Draguignan

A l’époque de son séjour à l’auberge des Adrets, Gaspard était dans des complications sentimentales propres à ceux qui, comme lui, ont le cœur trop ardent et trop vaste pour n’embrasser qu’un seul amour.
Une rivalité entre deux belles allait lui être fatale.
Il faut ici parler de Clarisse. C’était une adorable petite sauvageonne, une fille des bois aux cheveux roux et au tient clair. Ce qui faisait contraste dans ce pays du sud et de femmes brunes. Son père était bouscatier : C’est à dire qu’il coupait des arbres pour en faire du charbon de bois. Gaspard les avait tirés d’embarras, un jour où les colleteurs d’impôts étaient passés chez eux pour lever 200 livres qu’ils n’avaient pas car le père de Clarisse était couché depuis plusieurs mois, avec un tour de reins. Les gabelous avaient menacé de revenir sous huit jours et de brûler leur maison après avoir confisqué leurs pauvres biens s’ils ne payaient pas. Gaspard avait fait l’avance des 200 livres et tenu les préleveurs d’impôt en respect. Il était surtout tombé amoureux de Clarisse qui le lui rendait bien.
Mais, depuis longtemps, Gaspard avait aussi une tendresse toute particulière pour Claire Augias. C’était pourtant l’épouse de son compagnon Joseph Augias. Joseph avait été condamné à 5 ans de bagne à Toulon pour avoir volé deux livres et demi de sel aux salins d’Hyères. Le sel était taxé lourdement(gabelle) et faisait l’objet d’une importante contrebande. Joseph avait cru pouvoir améliorer ses revenus d’ouvrier jardinier. C’est son épouse Claire qui aborda Gaspard qu’elle connaissait de réputation pour lui demander de l’aide pour faire évader son mari. Grande file mince aux formes généreuses et au regard noir, elle sut convaincre. Gaspard réussit à faire évader Joseph par le corbillard des morts. Jacques Bouilly, un compagnon de chaîne de joseph profita du voyage. Et c’est donc deux nouvelles recrues qui rejoignirent l’escouade de Gaspard. C’était dans les débuts. Claire qui tenait une auberge à La Valette revit Gaspard et ils restèrent amants passionnés. Joseph se montra un mari large d’idées. Il n’aimait plus sa femme depuis de nombreuses années.

Clarisse – Revenons à elle – Mais il est vrai que cela se complique ! Anne de Morières, Rose Faye, Clarisse, Claire…Vous suivez ? Clarisse donc avait perdu la trace de son ami Gaspard depuis qu’il se cachait à l’auberge des Adrets. Désespérée, elle tenta de savoir quelque chose en espionnant sa rivale Claire Augias. Elle se rendit à l’auberge de La Valette. Elle était très malheureuse et jalouse. Jamais elle ne laisserait Gaspard à un e autre femme. Or elle soupçonnait Claire de continuer à rencontrer Gaspard en cachette.
Clarisse allait découvrir en effet, que chaque semaine, Claire prenait discrètement la diligence vers Fréjus. En soudoyant le cocher, elle apprit que la belle Claire descendait à chaque voyage à l’auberge des Adrets. Du même cocher, elle obtint une place dans la prochaine voiture pour les Adrets, espérant bien affronter sa rivale et reconquérir Gaspard.
Folle de rage et de jalousie, Clarisse allait commettre l’irréparable !.
Les gendarmes espéraient bien qu’un jour ou l’autre l’une des conquêtes de Gaspard allait les conduire à la cache où il s’abritait. Le cocher était en fait un indicateur à la solde des gendarmes et il glissa un billet dénonciateur sous la porte de la gendarmerie de Frèjus.
Le lendemain du jour de la dénonciation un escadron de 50 gendarmes et dragons cernait l’auberge des Adrets. A l’aube, Gaspard fut arrêté au saut du lit ainsi que ses deux amis Joseph et Jacques. Rose Faye fut même embarquée pour le coup.
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Tous furent emmenés à la prison de l’Observance à Draguignan. On était au printemps de l’année 1780.
Mais Gaspard n’avait pas dit son dernier mot…

Jean Anglade dans le rôle de Gaspard- télfilm de Benoit Jaqquot - France 2- 2006


4 - La grotte, le partage du butin

Gaspard de Besse dans l’Estérel

La grotte – Le partage du butin

Après chaque embuscade, les brigands déposaient leur butin dans cette grotte. On procédait ici à l’ouverture des malles, sacs et ballots avec parfois des bonnes et mauvaises surprises.
Ce jour là, Gaspard et ses compagnons avaient fondé de gros espoirs sur la belle malle en cuir fauve avec des serrures en cuivre rivetées. Elle était très lourde et son contenu semblait prometteur. Rien que la malle avait une valeur de revente.
C’est pourquoi Gaspard arrête le geste d’un de ses hommes qui s’apprêtait à lacérer le cuir à coups de coutelas. On coupa les fils des coutures proprement. Au bout de quelques minutes de travail patient on comprit pourquoi la malle était si lourde. Par l’ouverture ménagée entre les panneaux de cuir apparurent …des dorures ! Oui mais ce n’étaient que les dorures à l’or fin des tranches de dizaines de beaux livres quand même reliés pleine peau.
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Jean Anglade dans le rôle de Gaspard

 

« Ce n’est pas ça qui te remplira la panse ! » Dit Honoré.
« Tu te trompes » répondit Gaspard.
Il commença à sortir les livres un par un et à parcourir les titres. Il y avait là, tous les auteurs dont l’abbé Braban, le curé de Besse sur Issole qui l’avait éduqué, lui avait parlé. Il reconnaissait des titres qu’il avait pu feuilleter dans la bibliothèque du château St Dominique à Besse où il jouait avec les enfants de la famille De Besse.
Montesquieu, voltaire, Diderot, Rousseau, La Fontaine et même Mirabeau…Ce butin prenait pour Gaspard, valeur de symbole. Chacun de ces auteurs, il le savait, plaidait, à sa manière, contre l’intolérance et l’injustice et défendait l’égalité des droits entre tous ainsi qu’ un accès de chacun à l’éducation, au savoir et aux connaissances. Cette pléiade aux principes novateurs et révolutionnaires constituait un formidable courant d’idées dans une époque qu’on appellerait plus tard « Le siècle des Lumières.

Cependant, Gaspard continuait à fouiller la malle sous le regard déconfit de ses collègues. Sous la dernière couche de livres, apparut une boîte en bois d’ébène, cadenassée.. Gaspard en expert ouvre adroitement la boîte à l’aide d’une épingle à cheveux.

C’est un éblouissement : Bien rangés dans du papier de soie tous découvrent : Une croix en argent sertie de diamants, une belle épingle de cravate en or, plusieurs bagues très fines, un médaillon en vermeil avec sa chaîne et des rouleaux de pièces d’or.
Gaspard dit « Je vous fais une proposition. Partagez-vous équitablement tout ce qui est dans la boîte en ébène et laissez-moi les livres ! »

« Mais ce n’est pas juste ! Tu n’y penses pas » protestent les autres.
« Prends au moins en plus la malle en cuir alors » ajoute l’un des acolytes ;

« Va comme ça » dit Gaspard « Je prends la malle et les livres et vous la boîte et le trésor. Et croyez-moi, je m’estime infiniment mieux servi que vous »

Ainsi fut fait. Et tel était Gaspard, généreux, idéaliste et plus épris d’aventure et de liberté que de richesses.

3 - Une attaque de diligence

Gaspard de Besse dans l’Estérel :

L’attaque de la diligence

Quelque part dans la montée vers le Logis de Paris, Gaspard et ses hommes attaquent la diligence qui relie Fréjus à Cannes. On barre la route, on tire des coups de pistolets en l’air…
Gaspard ouvre la portière du véhicule. Il retire son chapeau d’un geste large. Il se présente, très élégant ; redingote noire, gilet rouge, culottes blanches, bottes fauves à grands revers. Il engage ses larges épaules dans l’ouverture de la porte et s’adresse ainsi aux voyageurs :
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« Mesdames, messieurs, je suis Gaspard de Besse, pour vous servir. J’ai bien l’honneur de vous saluer. Rassurez vous, il ne vous sera fait aucun mal. Pardonnez moi de retarder un peu votre voyage. Tout va bien se passer si vous y mettez un peu du votre. »
Puis, se tournant vers un gros homme habillé comme un marchand qui se rencogne dans le fond de la banquette
« Voyons, monsieur, vous avez là une superbe chaîne en or ! N’y aurait-il pas au bout de cette chaîne une belle montre ? Si fait ! Superbe ! Laissez moi vous féliciter pour votre bon goût ! Je n’eusse pas mieux choisi ! Honoré, veuillez débarrasser monsieur ! »

Une jeune personne brune, la trentaine fraîche et conquérante, soutient effrontément le regard de Gaspard. Le rose lui monte aux joues.
« Vous avez là de singulières façons et un drôle de métier ! »
« Vous trouvez madame ? C'est pourtant le plus commun qui soit. Sauf que certains vous taxent sous couvert de la loi ! Alors que moi j'agis au nom de la justice. Je prends aux riches pour redistribuer l'indispensable aux plus pauvres. »
« Il vous sied bien de parler de justice ! Vous finirez au bout d'une corde ! »
« Hélas, madame, selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir »
Troublée d'entendre ici rapportée par un vulgaire brigand des routes, « Les animaux malades de la peste » de monsieur De la Fontaine, la belle réfléchit et s'adoucit .

« Ah ! Monsieur ! Tenez pour l'amour des belles lettres, pour votre belle mine et pour la manière »
Ce disant elle jette aux pieds de Gaspard, un collier de perles fines qu'elle portait à son cou.
Gaspard ne bronche pas, ne relève pas le collier et la fixant dans les yeux il dit d'une voix assurée
« Je n'accorde de prix qu'à ce que je prends, Madame pas à ce que l'on me jette! »

Pendant ce temps, à l'arrière de la voiture, on s'affaire. Quatre hommes défont les liens qui arriment une grande malle de cuir à la diligence. Ils la déposent au bord de la route.
Toute l'affaire n'a pas duré un quart d'heure. Gaspard referme la portière, salue de nouveau les voyageurs, chapeau bas.
On claque les chevaux. Quelques décharges de pistolet accélèrent le départ et la berline s'arrache dans un nuage de poussière. Elle disparaît à l'horizon.
Gaspard ordonne sèchement « Dipersion immédiate ! Justin et Honoré vous chargez les marchandises ! Pour les autres rendez-vous dans 3 jours pour le partage à la grotte ! »
Justin et Honoré vont chercher deux mules cachées non loin de là et ils chargent la malle de cuir et les colis dérobés.
Il leur faudra une petite heure pour rejoindre la grotte secrète, quelque part sous le mont Vinaigre. en utilisant les chemins détournés.
Saurons-nous retrouver la grotte où le trésor est caché ?

2 - L'auberge des Adrets

Gaspard de Besse dans l’Estérel

L’auberge des Adrets : un ancien relais de poste577545923.gif

Au 18ème siècle, la seule route qui s’aventure dans les bois de chênes liège et les ronces de l’Estérel est l’antique voie romaine, la voie aurélienne qui reliait Rome à la Provence en passant par Mandelieu, Théoule et Fréjus. L’actuelle RN7 sur laquelle nous sommes a repris à peu prés son tracé.
Ce chemin avait mauvaise réputation. Pour les anciens de la Bocca, passer le pas de l’Estérel est encore synonyme de quelque chose de menaçant. « Aco es lou pas de l’estérou » se traduirait à peu près par « c’est un vrai coupe-gorge ».
En effet des bandits rançonnaient souvent les voyageurs à la hauteur du Malpey, le « mauvais passage » non loin d’ici. De nombreux évadés du bagne voisin de Toulon trouvaient refuge dans ce massif isolé.

Seul, un relais de poste, passage obligé où les voyageurs s’arrêtent pour laisser reposer leurs chevaux ou en changer, coupait ce trajet risqué à hauteur du village des Adrets.
D’un côté de la route, une auberge agrémentait la halte. Elle est toujours là. Sur la façade, au fronton de la porte d’entrée vous pouvez encore déchiffrer ce témoignage de son histoire ancienne « Rebastie pour le sieur Laugier en 1653, elle fut rebastie par Edouard Jourdan en 1898 ». Elle existait donc du temps de Gaspard et nous verrons comment et pourquoi il y séjourna quelques temps à l’automne de 1779. L’endroit s’appelait à l’époque le « Logis de l’Estérel ». Actuellement l’auberge des Adrets est une hôtellerie de luxe, 4 étoiles,
De l’autre côté de la route des bâtiments dont il reste des éléments, abritaient le fourrage et les équipages. On y comptait en période de pointe jusqu’à 40 chevaux et 8 paires de bœufs. Depuis d’autres maisons se sont construites qui n’ont rien à voir avec le site d’origine. De même un habillage pseudo historique d’un des anciens bâtiments servant d’écuries avec croix occitane et fleur de lys au-dessus des fenêtres laisse perplexe.

A l’automne 1779, Gaspard coule des jours paisibles à l’auberge des Adrets. Il chasse le sanglier en compagnie de deux amis. Il doit se cacher et se montrer prudent car ses récents méfaits ont exaspéré les représentants du Parlement de Provence à Aix. Surtout le Président De Morières à qui des âmes charitables et bien informées viennent de rapporter que sa jeune épouse Anne aurait une liaison avec Gaspard.
Il passe à l’auberge ses soirées à jouer aux cartes, à vider des pichets et pour la nuit il y a Rose Faye. C’est une fille oubliée là, un jour, par un autre voyageur qu’elle accompagnait et qui depuis vit de ses charmes avec qui veut bien. Gaspard veut bien. Les gens du village des Adrets, eux, veulent bien croire que ce jeune seigneur qui prolonge son séjour à l’auberge est un aristocrate italien venu se reposer et se retirer de l’agitation en compagnie de sa dame…

1-Faisons connaissance avec notre héros Gaspard de Besse

Deux randonnées contées autour de Gaspard de Besse

Autour de ce personnage de légende, nous avons proposé deux randonnées contées:

- Gaspard de Besse dans l’Estérel.
- Gaspard de Besse, en son village natal, à Besse sur Issole.


Faisons connaissance avec notre héros Gaspard de Besse

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Gaspard de Besse est né en 1757 à Besse sur Issole, dans le Var. Gaspard Bouis de son vrai nom se rendit célèbre pour avoir multiplié dans la région, entre Ollioules et L’Estérel, les attaques de diligence ou de calèches transportant de riches voyageurs ou des collecteurs d’impôts qui sillonnaient la région.

Il mourut en 1781, à l’âge 24 ans, condamné au supplice de la roue. Pourtant il ne tua jamais personne. Sa devise était « Effrayez mais ne tuez point ».

Au physique c’était un beau garçon. Il était joueur, gai et plein d’humour. Il eut de nombreuses aventures galantes.
Sa façon de dépouiller les riches pour aider les pauvres en fit vite un héros légendaire et aimé des paysans qui en cette période de fin de régime, à la veille de la Révolution étaient accablés d’impôts.


19.02.2008

LE GROS CHÊNE du Baou de la GAUDE

Le 04 Février 2008 87392c1e16a8174856fcc81b4e3eb968.jpg
Hier, randonnée au " Gros Chêne" du Baou de La Gaude. Le groupe a fait la fête à l'arbre vénérable. Le vieux a sans doute plus de 400 ans. Il était déjà là sous Henri IV- - Daniel nous a fait une petite présentation, prenant ma relève. Bravo et merci à lui- Visiblement l'ancêtre était heureux de notre visite. Nous l'avons honoré à notre façon. Nous avons fait la ronde autour de l'énorme tronc, en nous tenant par la main et en l'encerclant. Ensuite, nous avons déployé une farandole de petits bonshommes de toutes les couleurs à ses pieds, histoire de mesurer sa formidable circonférence : Pas loin de huit mètres dans doute !4b248e4e5330f9d9ecc4208ed9f7d924.jpg Daniel, en visionnaire inspiré a désigné, près de l'arbre, une pierre plate où stagnait, dans un creux, un peu d'eau de la dernière pluie. C'est la pierre sacrificielle a-t-il dit, faisant écho aux très anciens rites paratiqués autour de certains arbres sacrés. La pierre que personne n'avait vue, a soudain pris tout son sens. Georges s'est assis dessus, en majesté, prenant appui et autorité sur ses deux bâtons de marche. Il a proclamé "Je suis le roi". Nouveau chef de notre tribu, il avait retrouvé son âme d'enfant. 93142544cd5f55c8c97f0188fef0f4f4.jpgLa plus jeune d'entre nous fut hissée par trois hommes forts, jusqu'au premier enfourchement. De la-haut, la petite druidesse a sans doute retrouvé, elle aussi, des secrets perdus. b1582d1f02cc67358ebfac8ce4248701.jpgL'arbre primordial et la pierre sanglante ont été sept et neuf fois photographiés. Nos petits clics numériques étaient autant de révérences, et de coups d'encensoir, vers le géant débonnaire qui regardait, amusé, à ses pieds, les enfants d'aujourd'hui s'amuser.

 

 

 

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12.02.2008

UTELLE : Notre Dame des Miracles

De même que de ce plateau d’altitude vous voyez la mer, la baie des Anges et l’embouchure du Var, de même du large, en mer, vous distinguez très bien les hauteurs où nous sommes. Un soir, d’hiver de l’an de grâce 850 un lourd navire marchand, un galion espagnol chargé à ras bord de grain était pris dans une méchante saute de temps comme la Méditerranée en connaît quand le mistral se lève. C’était même carrément la tempête. L’équipage abattit toutes les voiles. Le grand mât craqua sous un coup de mer plus fort que les autres et l’embarcation partit vers le large en embarquant de l’eau. Les marins crurent leur dernier jour arrivé. Leur bateau dérivait. Ils ne pouvaient rien faire. Ils se mirent à prier ensemble avec ferveur.

Enfants dans l’épreuve, ils se tournèrent naturellement vers la bonne mère protectrice des navigateurs et ils firent la promesse de construire un oratoire dédié à la Vierge s’ils s’en sortaient indemnes, sans faire naufrage. Il faut croire que la Vierge est d’une grande mansuétude car elle aurait pu s’offusquer de trop peu. Pensez donc ils promettaient un oratoire, même pas une chapelle et encore moins un sanctuaire. Au loin du côté des terres, sur cette montagne où nous sommes, le temps parut soudain se lever. Une trouée entre les nuages leur laissa apercevoir un ciel pur et anormalement constellé d’une myriade de petites étoiles qui brillaient très, très fort. Une d’entre elles, bien plus grosse que les autres, extraordinairement grosse, piqua du ciel et se posa sur la montagne qui domine Utelle. Ils n’eurent aucun doute et surent alors que c’était là qu’ils devaient construire leur oratoire. Leur foi était suffisamment forte et bientôt effectivement le vent cessa, le ciel se dégagea totalement et la mer s’apaisa. Sauvés les marins débarquèrent en douceur sur le rivage et ils montèrent à Utelle en se guidant sur l’énorme étoile posée sur le plateau.

 Ils construif2279a1d7d8da8eaa9373503fe7df9a4.jpgsirent de leur main un premier oratoire bientôt agrandi en chapelle. Car ils avaient entre temps mieux évalué la chance ou la grâce dont ils avaient bénéficié. Trois d’entre eux, les frères Olivarez, restèrent dans la région après le miracle. Le premier à Utelle, un autre près de La Tour et le troisième au Figaret. Leurs descendants, des Olivari, montent encore en procession depuis les trois villages, les jours de pèlerinage. Très vite l’endroit fut fréquenté par des pèlerins. Il s’y faisait des guérisons. En 1510 la fille du syndic de Sospel, sourde-muette fut guérie. Plus tard, le Comte de Tende, Georges Lascaris fut épargné par une longue et douloureuse maladie après avoir fait le voyage à la chapelle. Et puis, plus bizarre, lors des grands rassemblements pour la fête de la Vierge le 15 août, il y avait parfois des orages, bien sûr, comme c’est normal l’été, mais il pleuvait des pierres à Utelle, de minuscules petites pierres en forme d’étoiles, aux branches finement ciselées. Comme pour rappeler les petites étoiles qui brillèrent très, très fort le soir du sauvetage, au-dessus de la montagne. Les plus chanceux ou ceux d’entre vous qui avez la foi, pourront peut-être encore ramasser aujourd’hui le long du chemin, leur « petite étoile d’Utelle ». Certains septiques disent qu’il s’agit de petites fleurs en forme d’étoiles fossilisées ( des crinoïdes). Mais comme ça aussi c’est un miracle.c9ff62fb1003c291c404463b04681e63.jpg

On appela le lieu « les Miracles » puis bientôt, Notre dame des Miracles et après la chapelle, une citerne et un dortoir furent construits pour abriter les pèlerins. Détruite sous la révolution elle fut reconstruite ne 1806 par les habitants. De dix lieues à la ronde, tous les gens des vallées y travaillèrent et apportèrent des matériaux, à dos d’hommes ou de mulets. Belvédère fournit les ardoises et le bénitier ; Le Figaret les planches pour la charpente ; Le Reveston le plâtre. Marie, La Tour ; Clans reconstruisirent le cloître. Chaque année ont lieu plusieurs pèlerinages dont celui du 15 août, très fréquenté. Le lieu est un centre de rencontres chrétiennes animé par Gille Fiorini un prêtre atypique qui se présente lui-même sur son site Internet comme prêtre, chanteur, éleveur de chevaux et fabricant de liqueur !

05.05.2006

ROUTE NAPOLEON X- l'oppidum de la Colette

L’oppidum de La Colette

 

C’est une enceinte fortifiée, vestige d’une présence humaine très ancienne à ce point stratégique de passage.

 
Dans les environs de Saint-Vallier on compte une dizaine de ces camps ligures qui datent de la préhistoire, Mauvan,  la Malle, le Doublier, castel Abram . Il s’agit de postes de guet ou camps-abris utilisés en cas de menace par des populations nomades d’éleveurs qui en temps ordinaire vivaient non loin dans de petites maisons rondes de pierre,  les bories.


 
Ces Ligures venus du Nord de l’actuelle Italie ont occupé l’arrière pays et la montagne depuis l’âge des métaux ( 4000 av. JC) jusqu’à l’occupation romaine. Les ligures résistèrent aux romains, refusant de se laisser réduire en esclavage. Le trophée de La Turbie, fut élevé à la gloire d’Auguste qui soumit (25-14 av. J.C.) ces peuplades. Le monument fait mention de 44 tribus soumises. Le camp de La Colette a pu être le théâtre de combats importants car il contrôlait le passage sur la draille antique qui va vers le  Nord. 
 
Ces camps sont en général perchés sur une hauteur naturelle de sorte qu’ils devaient communiquer entre eux soit visuellement soit par des appels de voix. Ils sont souvent adossés à un précipice ou à un versant difficile d’accès. L’enceinte est faite d’un double ou triple rang de murailles qui se superposent  avec un seul accès en chicane. Ces murs pouvaient avoir à l’origine 4 à 5 mètres de haut pour 2 mètres d’épaisseur. Ils sont faits d’énormes blocs appareillés sans mortier.
 

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