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Légendes d'ici - Page 4

  • 3 - Une attaque de diligence

    Gaspard de Besse dans l’Estérel :

    L’attaque de la diligence

    Quelque part dans la montée vers le Logis de Paris, Gaspard et ses hommes attaquent la diligence qui relie Fréjus à Cannes. On barre la route, on tire des coups de pistolets en l’air…
    Gaspard ouvre la portière du véhicule. Il retire son chapeau d’un geste large. Il se présente, très élégant ; redingote noire, gilet rouge, culottes blanches, bottes fauves à grands revers. Il engage ses larges épaules dans l’ouverture de la porte et s’adresse ainsi aux voyageurs :
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    « Mesdames, messieurs, je suis Gaspard de Besse, pour vous servir. J’ai bien l’honneur de vous saluer. Rassurez vous, il ne vous sera fait aucun mal. Pardonnez moi de retarder un peu votre voyage. Tout va bien se passer si vous y mettez un peu du votre. »
    Puis, se tournant vers un gros homme habillé comme un marchand qui se rencogne dans le fond de la banquette
    « Voyons, monsieur, vous avez là une superbe chaîne en or ! N’y aurait-il pas au bout de cette chaîne une belle montre ? Si fait ! Superbe ! Laissez moi vous féliciter pour votre bon goût ! Je n’eusse pas mieux choisi ! Honoré, veuillez débarrasser monsieur ! »

    Une jeune personne brune, la trentaine fraîche et conquérante, soutient effrontément le regard de Gaspard. Le rose lui monte aux joues.
    « Vous avez là de singulières façons et un drôle de métier ! »
    « Vous trouvez madame ? C'est pourtant le plus commun qui soit. Sauf que certains vous taxent sous couvert de la loi ! Alors que moi j'agis au nom de la justice. Je prends aux riches pour redistribuer l'indispensable aux plus pauvres. »
    « Il vous sied bien de parler de justice ! Vous finirez au bout d'une corde ! »
    « Hélas, madame, selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir »
    Troublée d'entendre ici rapportée par un vulgaire brigand des routes, « Les animaux malades de la peste » de monsieur De la Fontaine, la belle réfléchit et s'adoucit .

    « Ah ! Monsieur ! Tenez pour l'amour des belles lettres, pour votre belle mine et pour la manière »
    Ce disant elle jette aux pieds de Gaspard, un collier de perles fines qu'elle portait à son cou.
    Gaspard ne bronche pas, ne relève pas le collier et la fixant dans les yeux il dit d'une voix assurée
    « Je n'accorde de prix qu'à ce que je prends, Madame pas à ce que l'on me jette! »

    Pendant ce temps, à l'arrière de la voiture, on s'affaire. Quatre hommes défont les liens qui arriment une grande malle de cuir à la diligence. Ils la déposent au bord de la route.
    Toute l'affaire n'a pas duré un quart d'heure. Gaspard referme la portière, salue de nouveau les voyageurs, chapeau bas.
    On claque les chevaux. Quelques décharges de pistolet accélèrent le départ et la berline s'arrache dans un nuage de poussière. Elle disparaît à l'horizon.
    Gaspard ordonne sèchement « Dipersion immédiate ! Justin et Honoré vous chargez les marchandises ! Pour les autres rendez-vous dans 3 jours pour le partage à la grotte ! »
    Justin et Honoré vont chercher deux mules cachées non loin de là et ils chargent la malle de cuir et les colis dérobés.
    Il leur faudra une petite heure pour rejoindre la grotte secrète, quelque part sous le mont Vinaigre. en utilisant les chemins détournés.
    Saurons-nous retrouver la grotte où le trésor est caché ?

  • 2 - L'auberge des Adrets

    Gaspard de Besse dans l’Estérel

    L’auberge des Adrets : un ancien relais de poste577545923.gif

    Au 18ème siècle, la seule route qui s’aventure dans les bois de chênes liège et les ronces de l’Estérel est l’antique voie romaine, la voie aurélienne qui reliait Rome à la Provence en passant par Mandelieu, Théoule et Fréjus. L’actuelle RN7 sur laquelle nous sommes a repris à peu prés son tracé.
    Ce chemin avait mauvaise réputation. Pour les anciens de la Bocca, passer le pas de l’Estérel est encore synonyme de quelque chose de menaçant. « Aco es lou pas de l’estérou » se traduirait à peu près par « c’est un vrai coupe-gorge ».
    En effet des bandits rançonnaient souvent les voyageurs à la hauteur du Malpey, le « mauvais passage » non loin d’ici. De nombreux évadés du bagne voisin de Toulon trouvaient refuge dans ce massif isolé.

    Seul, un relais de poste, passage obligé où les voyageurs s’arrêtent pour laisser reposer leurs chevaux ou en changer, coupait ce trajet risqué à hauteur du village des Adrets.
    D’un côté de la route, une auberge agrémentait la halte. Elle est toujours là. Sur la façade, au fronton de la porte d’entrée vous pouvez encore déchiffrer ce témoignage de son histoire ancienne « Rebastie pour le sieur Laugier en 1653, elle fut rebastie par Edouard Jourdan en 1898 ». Elle existait donc du temps de Gaspard et nous verrons comment et pourquoi il y séjourna quelques temps à l’automne de 1779. L’endroit s’appelait à l’époque le « Logis de l’Estérel ». Actuellement l’auberge des Adrets est une hôtellerie de luxe, 4 étoiles,
    De l’autre côté de la route des bâtiments dont il reste des éléments, abritaient le fourrage et les équipages. On y comptait en période de pointe jusqu’à 40 chevaux et 8 paires de bœufs. Depuis d’autres maisons se sont construites qui n’ont rien à voir avec le site d’origine. De même un habillage pseudo historique d’un des anciens bâtiments servant d’écuries avec croix occitane et fleur de lys au-dessus des fenêtres laisse perplexe.

    A l’automne 1779, Gaspard coule des jours paisibles à l’auberge des Adrets. Il chasse le sanglier en compagnie de deux amis. Il doit se cacher et se montrer prudent car ses récents méfaits ont exaspéré les représentants du Parlement de Provence à Aix. Surtout le Président De Morières à qui des âmes charitables et bien informées viennent de rapporter que sa jeune épouse Anne aurait une liaison avec Gaspard.
    Il passe à l’auberge ses soirées à jouer aux cartes, à vider des pichets et pour la nuit il y a Rose Faye. C’est une fille oubliée là, un jour, par un autre voyageur qu’elle accompagnait et qui depuis vit de ses charmes avec qui veut bien. Gaspard veut bien. Les gens du village des Adrets, eux, veulent bien croire que ce jeune seigneur qui prolonge son séjour à l’auberge est un aristocrate italien venu se reposer et se retirer de l’agitation en compagnie de sa dame…