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Légendes d'ici - Page 4

  • UTELLE : Notre Dame des Miracles

    De même que de ce plateau d’altitude vous voyez la mer, la baie des Anges et l’embouchure du Var, de même du large, en mer, vous distinguez très bien les hauteurs où nous sommes. Un soir, d’hiver de l’an de grâce 850 un lourd navire marchand, un galion espagnol chargé à ras bord de grain était pris dans une méchante saute de temps comme la Méditerranée en connaît quand le mistral se lève. C’était même carrément la tempête. L’équipage abattit toutes les voiles. Le grand mât craqua sous un coup de mer plus fort que les autres et l’embarcation partit vers le large en embarquant de l’eau. Les marins crurent leur dernier jour arrivé. Leur bateau dérivait. Ils ne pouvaient rien faire. Ils se mirent à prier ensemble avec ferveur.

    Enfants dans l’épreuve, ils se tournèrent naturellement vers la bonne mère protectrice des navigateurs et ils firent la promesse de construire un oratoire dédié à la Vierge s’ils s’en sortaient indemnes, sans faire naufrage. Il faut croire que la Vierge est d’une grande mansuétude car elle aurait pu s’offusquer de trop peu. Pensez donc ils promettaient un oratoire, même pas une chapelle et encore moins un sanctuaire. Au loin du côté des terres, sur cette montagne où nous sommes, le temps parut soudain se lever. Une trouée entre les nuages leur laissa apercevoir un ciel pur et anormalement constellé d’une myriade de petites étoiles qui brillaient très, très fort. Une d’entre elles, bien plus grosse que les autres, extraordinairement grosse, piqua du ciel et se posa sur la montagne qui domine Utelle. Ils n’eurent aucun doute et surent alors que c’était là qu’ils devaient construire leur oratoire. Leur foi était suffisamment forte et bientôt effectivement le vent cessa, le ciel se dégagea totalement et la mer s’apaisa. Sauvés les marins débarquèrent en douceur sur le rivage et ils montèrent à Utelle en se guidant sur l’énorme étoile posée sur le plateau.

     Ils construif2279a1d7d8da8eaa9373503fe7df9a4.jpgsirent de leur main un premier oratoire bientôt agrandi en chapelle. Car ils avaient entre temps mieux évalué la chance ou la grâce dont ils avaient bénéficié. Trois d’entre eux, les frères Olivarez, restèrent dans la région après le miracle. Le premier à Utelle, un autre près de La Tour et le troisième au Figaret. Leurs descendants, des Olivari, montent encore en procession depuis les trois villages, les jours de pèlerinage. Très vite l’endroit fut fréquenté par des pèlerins. Il s’y faisait des guérisons. En 1510 la fille du syndic de Sospel, sourde-muette fut guérie. Plus tard, le Comte de Tende, Georges Lascaris fut épargné par une longue et douloureuse maladie après avoir fait le voyage à la chapelle. Et puis, plus bizarre, lors des grands rassemblements pour la fête de la Vierge le 15 août, il y avait parfois des orages, bien sûr, comme c’est normal l’été, mais il pleuvait des pierres à Utelle, de minuscules petites pierres en forme d’étoiles, aux branches finement ciselées. Comme pour rappeler les petites étoiles qui brillèrent très, très fort le soir du sauvetage, au-dessus de la montagne. Les plus chanceux ou ceux d’entre vous qui avez la foi, pourront peut-être encore ramasser aujourd’hui le long du chemin, leur « petite étoile d’Utelle ». Certains septiques disent qu’il s’agit de petites fleurs en forme d’étoiles fossilisées ( des crinoïdes). Mais comme ça aussi c’est un miracle.c9ff62fb1003c291c404463b04681e63.jpg

    On appela le lieu « les Miracles » puis bientôt, Notre dame des Miracles et après la chapelle, une citerne et un dortoir furent construits pour abriter les pèlerins. Détruite sous la révolution elle fut reconstruite ne 1806 par les habitants. De dix lieues à la ronde, tous les gens des vallées y travaillèrent et apportèrent des matériaux, à dos d’hommes ou de mulets. Belvédère fournit les ardoises et le bénitier ; Le Figaret les planches pour la charpente ; Le Reveston le plâtre. Marie, La Tour ; Clans reconstruisirent le cloître. Chaque année ont lieu plusieurs pèlerinages dont celui du 15 août, très fréquenté. Le lieu est un centre de rencontres chrétiennes animé par Gille Fiorini un prêtre atypique qui se présente lui-même sur son site Internet comme prêtre, chanteur, éleveur de chevaux et fabricant de liqueur !

  • ROUTE NAPOLEON X- l'oppidum de la Colette

    L’oppidum de La Colette

     

    C’est une enceinte fortifiée, vestige d’une présence humaine très ancienne à ce point stratégique de passage.

     
    Dans les environs de Saint-Vallier on compte une dizaine de ces camps ligures qui datent de la préhistoire, Mauvan,  la Malle, le Doublier, castel Abram . Il s’agit de postes de guet ou camps-abris utilisés en cas de menace par des populations nomades d’éleveurs qui en temps ordinaire vivaient non loin dans de petites maisons rondes de pierre,  les bories.


     
    Ces Ligures venus du Nord de l’actuelle Italie ont occupé l’arrière pays et la montagne depuis l’âge des métaux ( 4000 av. JC) jusqu’à l’occupation romaine. Les ligures résistèrent aux romains, refusant de se laisser réduire en esclavage. Le trophée de La Turbie, fut élevé à la gloire d’Auguste qui soumit (25-14 av. J.C.) ces peuplades. Le monument fait mention de 44 tribus soumises. Le camp de La Colette a pu être le théâtre de combats importants car il contrôlait le passage sur la draille antique qui va vers le  Nord. 
     
    Ces camps sont en général perchés sur une hauteur naturelle de sorte qu’ils devaient communiquer entre eux soit visuellement soit par des appels de voix. Ils sont souvent adossés à un précipice ou à un versant difficile d’accès. L’enceinte est faite d’un double ou triple rang de murailles qui se superposent  avec un seul accès en chicane. Ces murs pouvaient avoir à l’origine 4 à 5 mètres de haut pour 2 mètres d’épaisseur. Ils sont faits d’énormes blocs appareillés sans mortier.
     
  • ROUTE NAPOLEON IX- La pause d'Escragnolles

    La pause d’Escragnolles

     
    Il est déjà 18 heures ce 2 mars 1815.  La troupe a atteint Escragnolles. Napoléon fait halte chez l’abbé Chiris qui le reçoit avec un buffet bien garni. Enchanté l’invité déclarera même «  C’est une mitre qu’il faudrait à cet homme là plutôt qu’un bicorne. Le bicorne était porté par les simples prêtres. A table on parle du général Mineur, François Mineur, natif d’ici.

    Volontaire en1792, devenu général et mort au combat dans la campagne d’Egypte, haché à coups de cimeterre par les bédouins. Sa veuve est toujours au village. Napoléon veut aller la saluer et se fait conduire chez elle. Elle est devenue aveugle.  L’Empereur lui adresse quelques paroles de réconfort et la serre sur son cœur. Avant de la quitter il  lui remet un rouleau de pièces d’or. Il prend congé de l’abbé Chiris et repart  sur Séranon .


     

    La nuit à Séranon

     

    Tandis qu’il fait déjà nuit, on s’engage par de mauvais chemins mouillés qui sont à peu près l’équivalent à l’actuel GR.

    A Valferrière au cours d’une courte halte autour d’un feu, une vieille femme s’approche. L’empereur lui demande «  Quelles nouvelles a-t-on du Roi ? » La vieille lui répond «  Du Roi ? Vous voulez dire de l’Empereur ? » Ou cette vieille était très fine mouche ou elle ignorait depuis le fond de sa province, que napoléon avait été remplacé par Louis XVIII. Cela laissa tout le monde perplexe.

     
    On finit par arriver à Séranon où l’on avait prévu l’étape. Pourquoi Séranon ?  Parce que
    le maire de Grasse, le marquis de Gourdon, possède là une gentilhommière, un petit château, « le Château du Broundet » dont il reste quelques ruines aujourd’hui. Le maire de Grasse qui le matin encore était plus que réservé s’est ravisé et il a offert l’hospitalité à Napoléon. Tandis qu’on prépare les feux et le couchage l’empereur s’endort  étendu entre deux chaises. Dehors de grands feux sont allumés. Les grognards apprécient  le bivouac. Il est 10 heures du soir et ils ont marché plus de 50 kms depuis Cannes.
     
     
                                                 Les muletiers
     

    En chemin, peu après Escragnolles, on avait rencontré une file de muletiers de Caille qui s’en allaient porter du blé à Grasse. Ils sont réquisitionnés. On les oblige à faire demi-tour et à rebrousser chemin jusqu’à Séranon. On charge les mulets avec les sacs des soldats les plus épuisés. Chaque sac fait 40 kgs.

     
    Dans la nuit, alors que tous ronflent, sans qu’apparemment on ait monté la garde, les muletiers vont s’esquiver sans bruit  et rentrer bien vite à Caille avec leurs bêtes qu’ils ne se privent pas de récupérer.
     
    Au petit matin du 3 mars 1815, il a neigé. A 1000m d’altitude il fait froid. Un piètre sentier descend vers la chapelle de Grattemoine. A l’auberge du Logis du pin, chez Laugier, on boira volontiers un bouillon chaud.
     
    A midi le vendredi 3 mars on entre dans Castellane.