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23.02.2008
AMIRAT
Perché à 1000 m d’altitude, à 75 km de Nice, ce bout du monde, dans le haut Estéron, compte une poignée d’habitants. Peut-être quarante, quinze en hiver.
Le village est éclaté en 3 quartiers. Maupoil-St Jeannet avec sa chapelle du 16ème siècle, Les Agots où se situent l’église( 17ème siècle) et le gîte d’étape, l’Estelle, 12 places, sur le GR4, et enfin le village avec la place et la mairie. Plus loin, deux
écarts Le Barlet et l’Hubac.
Amirat doit certainement son nom de petit endroit « admirable » à son exposition plein sud, lui valant un microclimat et aux horizons superbes qu’offre sa position. Il faut s’y attarder au coucher du soleil ou le matin quand émerge, d’une nappe de brouillard hivernal, le village voisin de Collongues comme une île sur un océan.
La chapelle St Jeannet (16ème siècle) a un porche aussi grand que le bâtiment pour abriter les pèlerins. Pourquoi l’appelle t-on « la chapelle des hommes d’Amirat » ? A la St jean d’été les gens du village y viennent en procession.
L’église paroissiale Ste Anne est du 17ème siècle. Ses lourds contreforts et ses ouvertures étroites font penser qu’elle a du avoir un rôle de place forte pour se protéger des envahisseurs. Aux Agots, une maison ancienne qui ne manque pas d’allure intrigue.
Amirat est mentionné dans l’histoire dès 1043. A l’époque le premier habitat était certainement situé sous les rochers de Notre-Dame. Il a été abandonné au 14ème siècle et les habitants se sont installés au village actuel, plus bas vers la Cressonnière.
Dans les hauts il ne reste que l’oratoire de Notre-Dame. Solitaire, isolé ; il se dresse et témoigne d’une histoire révolue.
Une date sur la clé de voûte 1838. Rien ne bouge et tout autour c’est le silence.
Au-dessus, une grande maison de pierre blanche vide et désolée mais qu’on aimerait croire encore habitée tant elle a la clarté solaire des belles bastides provençales.
Une ancienne voie romaine passait là il y a un peu moins de 2000 ans. Elle reliait Castellane à Soleihas et Briançonnet en traversant ici, l’ancien site d’Amirat. Des hommes à l’esprit pratique ont récupéré une borne milliaire, l’ont plantée là, en terre, au pied de l’oratoire et ont creusé un bénitier dans la borne. On peut encore le voir et s’y signer quand l’eau du ciel le remplit.
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19.02.2008
LE GROS CHÊNE du Baou de la GAUDE
Le 04 Février 2008 
Hier, randonnée au " Gros Chêne" du Baou de La Gaude. Le groupe a fait la fête à l'arbre vénérable. Le vieux a sans doute plus de 400 ans. Il était déjà là sous Henri IV- - Daniel nous a fait une petite présentation, prenant ma relève. Bravo et merci à lui- Visiblement l'ancêtre était heureux de notre visite. Nous l'avons honoré à notre façon. Nous avons fait la ronde autour de l'énorme tronc, en nous tenant par la main et en l'encerclant. Ensuite, nous avons déployé une farandole de petits bonshommes de toutes les couleurs à ses pieds, histoire de mesurer sa formidable circonférence : Pas loin de huit mètres dans doute !
Daniel, en visionnaire inspiré a désigné, près de l'arbre, une pierre plate où stagnait, dans un creux, un peu d'eau de la dernière pluie. C'est la pierre sacrificielle a-t-il dit, faisant écho aux très anciens rites paratiqués autour de certains arbres sacrés. La pierre que personne n'avait vue, a soudain pris tout son sens. Georges s'est assis dessus, en majesté, prenant appui et autorité sur ses deux bâtons de marche. Il a proclamé "Je suis le roi". Nouveau chef de notre tribu, il avait retrouvé son âme d'enfant.
La plus jeune d'entre nous fut hissée par trois hommes forts, jusqu'au premier enfourchement. De la-haut, la petite druidesse a sans doute retrouvé, elle aussi, des secrets perdus.
L'arbre primordial et la pierre sanglante ont été sept et neuf fois photographiés. Nos petits clics numériques étaient autant de révérences, et de coups d'encensoir, vers le géant débonnaire qui regardait, amusé, à ses pieds, les enfants d'aujourd'hui s'amuser.
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12.02.2008
UTELLE : Notre Dame des Miracles
De même que de ce plateau d’altitude vous voyez la mer, la baie des Anges et l’embouchure du Var, de même du large, en mer, vous distinguez très bien les hauteurs où nous sommes. Un soir, d’hiver de l’an de grâce 850 un lourd navire marchand, un galion espagnol chargé à ras bord de grain était pris dans une méchante saute de temps comme la Méditerranée en connaît quand le mistral se lève. C’était même carrément la tempête. L’équipage abattit toutes les voiles. Le grand mât craqua sous un coup de mer plus fort que les autres et l’embarcation partit vers le large en embarquant de l’eau. Les marins crurent leur dernier jour arrivé. Leur bateau dérivait. Ils ne pouvaient rien faire. Ils se mirent à prier ensemble avec ferveur.
Enfants dans l’épreuve, ils se tournèrent naturellement vers la bonne mère protectrice des navigateurs et ils firent la promesse de construire un oratoire dédié à la Vierge s’ils s’en sortaient indemnes, sans faire naufrage. Il faut croire que la Vierge est d’une grande mansuétude car elle aurait pu s’offusquer de trop peu. Pensez donc ils promettaient un oratoire, même pas une chapelle et encore moins un sanctuaire. Au loin du côté des terres, sur cette montagne où nous sommes, le temps parut soudain se lever. Une trouée entre les nuages leur laissa apercevoir un ciel pur et anormalement constellé d’une myriade de petites étoiles qui brillaient très, très fort. Une d’entre elles, bien plus grosse que les autres, extraordinairement grosse, piqua du ciel et se posa sur la montagne qui domine Utelle. Ils n’eurent aucun doute et surent alors que c’était là qu’ils devaient construire leur oratoire. Leur foi était suffisamment forte et bientôt effectivement le vent cessa, le ciel se dégagea totalement et la mer s’apaisa. Sauvés les marins débarquèrent en douceur sur le rivage et ils montèrent à Utelle en se guidant sur l’énorme étoile posée sur le plateau.
Ils construi
sirent de leur main un premier oratoire bientôt agrandi en chapelle. Car ils avaient entre temps mieux évalué la chance ou la grâce dont ils avaient bénéficié. Trois d’entre eux, les frères Olivarez, restèrent dans la région après le miracle. Le premier à Utelle, un autre près de La Tour et le troisième au Figaret. Leurs descendants, des Olivari, montent encore en procession depuis les trois villages, les jours de pèlerinage. Très vite l’endroit fut fréquenté par des pèlerins. Il s’y faisait des guérisons. En 1510 la fille du syndic de Sospel, sourde-muette fut guérie. Plus tard, le Comte de Tende, Georges Lascaris fut épargné par une longue et douloureuse maladie après avoir fait le voyage à la chapelle. Et puis, plus bizarre, lors des grands rassemblements pour la fête de la Vierge le 15 août, il y avait parfois des orages, bien sûr, comme c’est normal l’été, mais il pleuvait des pierres à Utelle, de minuscules petites pierres en forme d’étoiles, aux branches finement ciselées. Comme pour rappeler les petites étoiles qui brillèrent très, très fort le soir du sauvetage, au-dessus de la montagne. Les plus chanceux ou ceux d’entre vous qui avez la foi, pourront peut-être encore ramasser aujourd’hui le long du chemin, leur « petite étoile d’Utelle ». Certains septiques disent qu’il s’agit de petites fleurs en forme d’étoiles fossilisées ( des crinoïdes). Mais comme ça aussi c’est un miracle.
On appela le lieu « les Miracles » puis bientôt, Notre dame des Miracles et après la chapelle, une citerne et un dortoir furent construits pour abriter les pèlerins. Détruite sous la révolution elle fut reconstruite ne 1806 par les habitants. De dix lieues à la ronde, tous les gens des vallées y travaillèrent et apportèrent des matériaux, à dos d’hommes ou de mulets. Belvédère fournit les ardoises et le bénitier ; Le Figaret les planches pour la charpente ; Le Reveston le plâtre. Marie, La Tour ; Clans reconstruisirent le cloître. Chaque année ont lieu plusieurs pèlerinages dont celui du 15 août, très fréquenté. Le lieu est un centre de rencontres chrétiennes animé par Gille Fiorini un prêtre atypique qui se présente lui-même sur son site Internet comme prêtre, chanteur, éleveur de chevaux et fabricant de liqueur !
12:05 Publié dans légendes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
UTELLE : Notre Dame des Miracles


Utelle Une voie très ancienne, la route du sel

Utelle Dans l'église ST Véran
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