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Histoire des Alpes-maritimes - Page 2

  • Pénitents

    Les pénitents

     

    Ce sont des groupements de laïcs à vocation religieuse. Tout au long du moyen âge leur activité va croissant et elles rivalisent souvent de pouvoir avec le clergé. Au départ ce sont des associations de secours mutuel entre villageois. Elles accueillent les voyageurs et pèlerins, soignent les nécessiteux, enterrent les morts, surtout pendant les périodes d’épidémies. Ces initiatives de laïcs correspondent à une émancipation par rapport au clergé. Leurs activités dans la collecte des dons, l’organisation des processions, les formes de dévotion correspondent à un désir de piété plus individuelle, plus engagée, plus proche des gens.

    Ils organisent des sortes de Monts-de-Piété, véritables caisses de secours mutuel pour faire face aux années de mauvaises récoltes. Les « prêts » sont consentis en échange d’un engagement de restituer le grain octroyé plus un intérêt. Des greniers à grains sont ouverts, les « monte ». Il y a trois clés pour un grenier. Une clé est donnée au « montiste » qui représente la confrérie, l’autre à l’autorité civile, la troisième au prieur de l’Eglise.

      

    Ces confréries pmedium_penitents_sospel.jpgortent des habits de couleurs différentes. Les pénitents blancs se placent sous le signe de la pureté. Les noirs sous celui du deuil, les gris du jeune et de l’abstinence. D’autres sont vêtus de rouge en mémoire du sang du Christ. Les bleus sont voués à Marie dont c’est la couleur.

    De grandes manifestations de dévotion collective et surtout la pratique d’innombrables processions sont à l’honneur. Revêtus de la chasuble serrée à la taille avec leurs cagoules ils défilent dans les processions avec leurs bannières brodées d’or.

     

    Chaque confrérie a dans le village sa propre chapelle. Les fêtes de Pâques sont l’occasion de représentations de la passion du Christ.

  • Route du sel

    Route du sel

       

    Le sel est pour les régions qui n’ont pas d’accès direct à la mer, un produit indispensable. Il sert pour la cuisine bien sûr. Mais c’est aussi un complément alimentaire vital pour les animaux, bovins et moutons d’élevage. Il sert également pour conserver la viande de porc en particulier.

     

    Les salines de Toulon et d’Hyères fournissent le sel à toute la côte jusqu’à Gênes. De là, il est acheminé vers l’intérieur des terres par caravanes de mulets. Les bons sentiers muletiers aménagés à cet usage passent par Sospel et traversent les Alpes à Tende. De là sur tout le Piémont. Les droits de gabelle perçus tout le long de l’itinéraire sont très élevés. Les retombées économiques pour les villes du trajet sont  considérables. Des activités se créent, cordonniers, maréchaux-ferrants, auberges.

     

    La Savoie était déjà maîtresse de la grande voie commerciale entre la France et le nord de l’Italie au passage du Mont-Cenis. Par l’acte de Dédition de 1388, le comté de Nice se donne à la Savoie. Le duché de Savoie trouve ainsi son débouché vers la Méditerranée et l’axe Turin Nice se développe. Mais il subsiste une enclave, le comté de Tende où régnent de puissants seigneurs les Lascaris qui sont indépendants et font acquitter des taxes exorbitantes à toutes les marchandises qui transitent par le col de Tende. Une voie de contournement est tentée. Les caravanes de mulets  qui quittent Nice et Villefranche remontent par le Paillon, L’Escarène, Lantosque et par saint Martin Vésubie  franchissent les Alpes à Fenestre. Cette seconde route du sel présente de grosses difficultés. A l’époque on ne circule pas dans le fond des vallées et les itinéraires sont toujours en balcon. L’hiver le passage de Fenestre est impossible.medium_route_sel.2.jpg

     

               

     La construction d’une route reliant Nice à Turin par Tende s’impose mais on ne peut pas la tracer par le littoral et la vallée de la Roya ce qui serait le passage naturel. C’est impossible à cause de la souveraineté de Monaco et de la République de Gênes du côté de Vintimille. La route passera par Sospel mais il y a des cols à franchir, Braus en venant de l’Escarène, Castillon en venant de Menton.